CURIOSITES LITHIQUES A WIMEREUX


LES AMUSEMENTS DE L'HOMO ERECTUS

 

Après vous avoir exposé les richesses des outils préhistoriques trouvés a la pointe aux oies à WIMEREUX sur le site http://site.voila.fr/abbevilloclactonien( que vous avez interet à voir en premier) , l'auteur vous invite a la visite d'une autre partie ,encore plus déroutante , de sa collection .Ont été regroupés ici quelques spécimens de "nucléus" spectaculaires par leurs dimensions, leurs formes et leurs techniques d'élaboration. Si l'homme de la pointe aux oies, plutôt rustique convenons en , ne fait pas preuve de recherche esthétique ,reconnaissons lui à l'examen de ses oeuvres, une bonne dose d'originalité. Précisons, pour situer le niveau du problème, qu'on été collectés également à cet endroit quelques dizaines de milliers d'outils qui ont été reconnus par la communauté scientifique , dont quelques centaines rien que pour l'auteur .Ces nucléus originaux peuvent-ils ètre considérés comme des ébauches de sculptures ......c'est la question qui est posée.


LA SITUATION ORIGINALE DE L' ETUDE DE L' ART PREHISTORIQUE

 

Citons LEROY- GOURHAN:

" En définitive,il éxiste assez de témoins pour évoquer la naissance de l'art au mousterien; il en reste trop peu d'assez explicites pour l'affirmer"

 

On connaît maintenant très bien l’évolution de l’outillage lithique et on a su faire la différence entre les éolithes ( pseudos outils de silex façonnés par la nature, lusus naturaes ) ,du tertiaire et les artefacts primitifs de l’oldowayen .Nous constatons que cette évolution, jalonnée par les inventions, a été continuelle par petits progrès successifs. C’est ainsi qu’on peut voir nos ancêtres tirer de la pierre tout ce qu’on peut en tirer, du plus simple chooper jusqu’aux magnifiques pointes du SOLUTREEN suivant une évolution technique logique et continue.
Dans le domaine de l’art il en est tout autrement .On n'a jamais constaté d'évolution préliminaire à ce qui fut pour les savants le "BIG BANG" de la naissance de l'art : L’art pariétal découvert dans la grotte d’ALTAMIRA apparut si achevé que les scientifiques hésiteront plus de 20 ans à l’admettre comme art préhistorique .La grotte de LASCAUX fut considérée (-15000) comme l’aboutissement de cet art après, supposait-on, une courte période d’évolution. Plusieurs décennies plus tard c’est la découverte de la grotte CHAUVET comparable à LASCAUX pour le niveau artistiques des oeuvres mais reculant à -30000 ans le début de l’art pariétal,ce qui a fait voler en éclat toutes les belles constructions intellectuelles des spécialisées qui avaient échafaude des systèmes d'explications alambiquées sur la datation de cet art primitif.

On assiste à cette occasion à l’apparition d’une génération spontanée d’artiste capables en quelques millénaires de franchir des quantité de palliers cognitifs alors qu'il a fallu des millions d'années dans l'évolution des techniques de l'outillage.
Les débuts de l’art mobilier sont encore plus anciens. Dans la région de BADE - WURTEMBERG en Allemagne On a trouvé des petites sculptures en ivoire, matière assez difficile a travailler, mais d’une perfection telle que les scientifiques qui les étudient (BRIGITTE ET GILLES DELLUC) parlent d’œuvres « trop élaborées, trop uniques pour leur époque »,mais encore antérieure de 5000 ans à la grotte CHAUVET C’est là où le bat blesse car ce n’est pas encore l’homo sapiens sapiens bardé de diplômes qui sculpte avec génie mais c’est son ancêtre que rien ne semble prédisposer d'après nos connaissances à de telles capacités. Ce ne peut pas être les premières manifestations artistiques de nos ancêtres dans ce domaine , Une telle perfection suppose une longue évolution antérieure .Or on ne trouve aucune trace de ces premiers essais ,aucune mention, aucune recherche en ce sens .Cela peut s’expliquer par les errements qui ont eu lieu au début de l’étude de la préhistoire .


 DES DEBUTS D ' ETUDES CATASTROPHIQUES


A la naissance de la préhistoire (fin du 19 ème à début 20éme ) certains chercheurs se penchèrent sur les éolithes avec empressement, voyant dans ces pierres naturelles de formes bizarres des sculptures représentant des animaux familiers, plus ou moins exotiques dans les époques considérées, ou des outils primitifs .Ne se fiant qu'à leur imagination sans le moindre esprit critique ils trouvaient une quantité invraisemblable de ces soit disant sculptures préhistoriques.( 100.000 rien que pour E HARROY, époque bénie...!!. ) Cette invasion d’objets qui arrivaient de toutes les époques et de tous les horizons posa problème a un vrai savant qui se rendit a la sortie d’une bétonneuse et y trouva dans les cailloux concasses tous les modèles trouvés par ses éminents collègues qui furent bien obligés d’admettre le peu de sérieux de leurs hypothèses .Les pierres figures avaient vécues et l’espoir de voir le dossier se rouvrir avec sérieux était bien mince. Les choses n'ont guère évolué sur tous ces plans.


COMMENT A PU NAITRE L' ART ET PLUS PRECISEMENT LA SCULPTURE ?

Il serait présomptueux d'affirmer quoi que ce soit dans ce domaine , bornons nous à quelques constatations et essayons d'en tirer quelques probabilités logiques
Constatons tout d'abord que dans les grottes les artistes qui ont réalisé leurs oeuvres si élaborées ont souvent profité des reliefs des parois pour accentuer la ressemblance avec la réalité.
La probabilité la plus grande est que la forme entrevue sur la paroi à la faveur de la lumière vacillante d'une lampe à huile a été le " déclencheur "qui a poussé l'artiste à souligner les contours de sa vision et à en accentuer le relief avec la couleur , naissance du dessin et de la peinture par le support du relief .C'est donc l' oeil du sculpteur qui pourrait avoir précédé l' oeil du peintre.
Qu’est ce qui a pu inciter l’homme a donner a une pierre la forme d’une tète d’animal ou autre: Ne perdons pas de vue que pendant la préhistoire l’homme a baigné dans le silex comme actuellement nous baignons dans le matériel électrique, qu’il s’y intéressait de très près et le manipulait à longueur de journée La probabilité la plus grande est que l ’imagination d’un individu ait été éveillée par la vue d’un caillou ayant l’aspect d’une tète d’animal comme un gosse qui voit un tas de choses dans les nuages ou dans la purée de son assiette ( ou comme actuellement les japonais les chinois et d'autres recherchent les pierres dont la forme évoque des paysages de montagne) .

C’est le genre de silex ( photo 4 plus bas) déposé par un australopithèque au fond d’une caverne qu’a pu ramasser RAYMOND DARD à OLDOWAY en AFRIQUE .Un de ces cailloux peut représenter une tète d’humanoïde avec quelques discrètes traces ( ? ) de taille D’autres cailloux sphériques collectés dans les mèmes conditions par MARY LEAKEY, trop grands pour être des outils , sont également considérés par certains scientifiques comme des manifestations artistiques des australopithèques, vieilles de 2.000.000 d’années .  Si on admet cette hypothèse, envisageable dans ces conditions précises , il serait étonnant qu’après des débuts aussi prometteurs l'homme ait attendu 2 millions d'années pour continuer ses œuvres, et uniquement dans les cavernes .Si l'australopithèque a commencé les suivants ont au moins continué. Il serait difficile d'expliquer pourquoi ils auraient régressé bizarrement dans ce domaine. . Méme si cet exemple reste à prouver vu le niveau intellectuel supposé de l'AUSTRALOPITHEQUE il est èvident que les choses ont débuté de cette façon, là ou ailleurs et à une époque relativement ancienne .
.L’étape logique suivante serait après qu’avoir ramassé le caillou l'humanoïde quelconque un peu plus évolué trouve la représentation contenue dans la pierre un peu imparfaite pour son goût et décide de la rectifier en quelques coups de percuteur bien appliqués. Qui peut le plus peut le moins, même en ces temps reculés, et le néandertalien ancien est déjà capable de nous sortir un biface acheuléen (*) avec des notions évidentes quoiqu ' empiriques de géométrie et de symétrie, preuve d'une certaine perception de l’abstrait et d’un intellect suffisamment développé pour ce qui va suivre nous semble -t-il .La technique LEVALLOIS qui demande une quasi programmation des gestes à accomplir existe depuis le milieu de l'ACHEULEEN . A ce niveau cognitif l'homme est donc a fortiori très largement capable de rectifier une protubérance disgracieuse qui défigure la tête d’animal qu’il entrevoit dans un silex. Et voila la sculpture inventée . Ce n'est qu'un jeu au début probablement mais cela peut devenir  rapidement une occupation reconnue  et qui se perpétue là où le silex est abondant. Il n’en sortira naturellement aucun chef d’œuvre digne de ce nom car certaines formes sont impossibles a sculpter dans le silex qui se comporte un peu comme un morceau de verre, mais en partant d’une forme déjà bien élaborée il est possible de parvenir a quelque chose d’acceptable ou au moins d’interprétable pour nous , et il doit bien en rester quelques échantillons.

Nous pouvons d'ailleurs toujours constater que l'homme fait de l'art avec ce qui lui tombe sous la main. A CARARE on sculpte le marbre, dans les îles du PACIFIQUE on sculpte des écailles d'huîtres, sur les baleiniers le marin sculpte les dents d'orque ,certains artistes se contentent de bois flotte trouvé sur les plages dans lesquels leurs apparaissent des formes les plus inattendues..... Ceci prouve bien que c'est une tendance inhérente à la nature humaine d'utiliser les matériaux sous la main  à fortiori pendant la préhistoire quand le choix était limité alors la probabilité la plus grande est que l'homme en sélectionnant bien les formes appropriées , ait pu sculpter les silex !!  Saluons au passage l'art chinois des pierres dures en jade ou l'artiste commence par deviner dans la pierre les éléments colorés qui vont servir pour la sculpture qu'il va extraire patiemment en frottant avec du sable.........l'homme de la pointe aux oies était plus expéditif avec son percuteur.....mais l'esprit était le mème......

L'homo-erectus ou néandertalien possédant le niveau cognitif nécessaire pour tailler le biface de droite est à fortiori capable de tailler le "nucléus " à gauche.

( voir dans "VENUS)

 

Il est évidemment impossible de reconnaître les tous premiers « ramassages » de l’homme puisqu’ils sont façonnés par la nature. Dans ces pierres il n’y a aucune trace de travail humain . Ce sont des ‘lusus-naturaes’’, œuvres de la nature et rien ne nous permet de prétendre que ce sont des artefacts comme le prétendent encore certains.
Cependant il doit exister des œuvres plus élaborées où la trace du travail de l’homme devient lisible . Il n ' existe actuellement que quelques objets épars ramassés dans des conditions douteuses et peu convaincantes pour certains menbres de la communauté scientifique.

Citons les plus connus : le masque de la ROCHE COTARD (3), considéré par certains comme une représentation de masque et par d'autres comme un poids devant être fixé au bout d'une ficelle et classé dans "les objets énigmatiques"; LA FIGURINE DE TAN TAN (1) trouvée dans le sud du MAROC. Pour les uns sculpture taillée avec traces d'ocre (-400000 ?) pour d'autres vulgaire lusus naturae. La VENUS de BERCKHET RAM (2) (ISRAEL) . C' est bien peu en nombre et bien peu crédible comme artefacts.

Plus crédible nous apparait la pierre figure trouvée dans un niveau moustérien par le DR L PRADEL à FONTMAURE en 1939, et qui représente une tète humaine.En POLOGNE également ont été trouvés des découpages sur éclats pouvant représenter des silouhettes féminines mais néolithiques.

 

figurine de TANTAN

VENUS DE

BERCKHET RAM

MASQUE DE LA ROCHE COTARD

SILEX TROUVE PAR RAYMOND DART

présumé rapporté au fond d'une caverne par un australopithèque.**

 

C'est là que les "nucléus énigmatiques" de la pointe aux oies qui présentent toutes les garanties d'un travail humain et eventuellement au moins autant d'intérêt artistique peuvent entrer en scène..........

 

 

**Dans son livre "L'HOMME ET L'OUTIL" ,CNRS EDITIONS, SOPHIE A.DE BEAUNE signale que l'homme de neandertal est capable de ramasser dans la nature des curiosités naturelles comme des matières premières de couleur chatoyantes pour faire des outils

( *) Le biface est de plus en plus considéré comme un objet de prestige plutôt qu'un utilitaire .Il est évident que ces objets taillés avec cette perfection pour certains, devaient avoir une grande valeur pour leurs propriétaires. D' autre part son efficacité reste a prouver et ne justifie pas de tels efforts d'élaboration par rapport à une simple encoche obtenue en quelques coups précis et certainement plus efficace.

 

 



 

les nucleus enigmatiques de la pointe aux oies

NI OUTILS NI VERITABLES NUCLEUS


DANS L' ENSEMBLE DE L' OUTILLAGE TROUVE  A LA POINTE AUX OIES A WIMEREUX (voir http://site.voila.fr/abbevilloclactonien ) Il existe des artefacts très nettement taillés dont on ignore absolument l’usage possible. Ils ne ressemblent pas aux outils avec lesquels ils sont mélangés bien qu’étant taillés avec la même technique ils sont trop lourds, peu maniables et sans parties coupantes. Comme nucléus ils n’en ont pas du tout l’aspect classique et n’auraient pu fournir que des petits éclats sans intérêt .Le mode de débitage sans impact en étoile exclut également la possibilité d'avoir affaire à des percuteurs . Difficiles à classer dans les catégories habituelles je les ai nommés « nucléus énigmatiques » en référence au masque de COTARD et pour souligner leur authenticité.

 

nucleus classique ayant fourni des lames régulières (mesolithique?°

 

 



pour tous ceux qui n'ont jamais eu en mains ce genre de pierre voici des photos de nucléus classiques destinés à fournir des lames régulières
En examinant le nucléus noir plus haut vous pouvez constater qu'il est brillant avec un vernis qui est une patine bien régulière .Le silex semble avoir été tranché par un outil coupant .Sur chaque "tranche" on distingue le dessin d'ondes de choc arrondies perpendiculaires à la direction .

 

 


 

RECONNAITRE UNE PIERRE TAILLEE

Il faut examiner la pierre sous un angle tel que la lumière rase la surface. Là apparaît la logique d'un travail

raisonné du a l'homme .

 

Sur l'artefact ci dessus (O3) , taillé grossièrement à coups violents et choisi pour cette raison , sur certaines faces apparaissent ces signes de coups successifs appliqués suivant des angles aigus par rapports aux surfaces. C'est la grande différence avec les pierres cassées par des agents naturels où les fractures se font en général perpendiculairement à la surface .
comparez le résultat final ,série du bas , avec les nucléus classiques plus haut,le but de la taille n'est pas le mème .

Une fois ceci établi que ce sont bien des artefacts, se pose le délicat problème de l’interprétation de ces pierres et de leur appartenance éventuelle au domaine artistique.

DIFFICULTES D' INTERPRETATION DES OEUVRES


A partir de là on entre dans le subjectif et les opinions commencent singulièrement à diverger sur l’interprétation à donner à l’objet, chacun voyant « dans cet habit d’arlequin la couleur qu’il veut bien voir ». La préhistoire n’est pas une science exacte, elle est fondée sur l’observation, la comparaison et la probabilité. Il faut essayer d’éliminer la subjectivité et comparer des différentes pièces afin d’y trouver des points communs .Pour les outils pas de problèmes, leur grand nombre en modèles identiques apporte une certitude statistique .Pour une vingtaine de pierres taillées pouvant représenter des sujets différents il est difficile de faire des statistiques signifiantes mais des traits communs peuvent apparaître sur le nombre, reste à prouver qu'ils ne sont pas les fruits d'une imagination trop fertile. Essayons......


première constatation : pour l’artiste la forme qui l’intéresse  préexiste déjà en grande partie dans ce qu’il voit et il n’a qu’à se laisser guider par la forme de la pierre dont il en enlèvera le minimum pour ‘’extraire’’ la ressemblance en l’améliorant simplement. On ne peut pas encore parler d'inspiration, l'idée de modifier la pierre est "déclenchée" par son aspect, c'est pourquoi le mot "déclencheur" sera employé dans le sens d'inspiration. L'imagination abstraite viendra plus tard.


Deuxième constatation : le "DECLENCHEUR" le plus utilisé est un trou naturel dans le silex autour duquel s’organise la taille, et qui peut figurer un œil. Effectivement un trou ou un creux dans un silex est irréalisable, (essayez de creuser un trou au milieu d’un morceau de verre a coup de percuteur…) Le choix d’une telle pierre est simplificateur pour certains sujet.
· Le reste du travail peut consister uniquement en une finition et n’est plus artistique : couper proprement l’arrière de la tète, rogner le dessous pour la faire tenir en équilibre, figurer l’oreille etc.….. et de ce fait y laisser sa signature.
  
En partant de ces observations, on peut chercher le bon angle voulu par l’artiste avec un début de piste logique,
· en cherchant la plus grande ressemblance avec un sujet adéquat, ce qui doit coïncider en sculpture au "point de vue de l'artiste".
· obtenue le plus simplement possible, mais toujours rappelons le avec suffisamment d’éléments dans l’ensemble en nombre et en qualité pour prouver le travail indubitable de l’homme.
                                  Pour ces primitifs, les grands sujets de préoccupation étant les animaux dangereux , la nourriture et le sexe on devrait retrouver ces aspects dans leurs ‘’ œuvres’’ : des animaux et la femme.

LES PLUS SIMPLES
B2


BLOC DE SILEX IMPOSANT TAILLE SUR LE DESSUS ET A L' ARRIERE ( 34kg , 45x34x22cm) ET POUVANT REPRESENTER UNE TETE DE BISON. L 'ARTISTE S' EST CONTENTE DE SUPPRIMER CE QUI POUVAIT DEFORMER LA LIGNE DU DOS ET L' ARRIERE DE LA TETE.. on peut distinguer 4 angles de chasse dans la taille fruste réalisée probablement par un gros percuteur tenu à deux mains . PAR CONTRE LES ECLATS SUR LE COTE PEUVENT AVOIR ETE CREES PAR LA MER PAR LA MASSE ELLE MEME DE L' OBJET , OU SIMPLEMENT LA PATINE EPAISSE AILLEURS EST SAUTEE A CES ENDROITS. LE "DECLENCHEUR" LE PLUS PROBABLE NE PEUT ETRE QUE LA FORME GENERALE EN PREMIER ET LES DIMENSIONS DE L' OBJET ENSUITE.

vue du museau

Barbiche , la patine epaisse est sautée par endroits attestant de l'ancienneté de la pièce

 

-.-.-.-.-.-.-.-.deux pièces taillées avec soin-.-.-.-.-.-.-

 

Ces deux pièces ont en commun d'être très simples au point de vue artistique .On ne distingue sur l'une d'elle qu'une petite retouche sur une oreille,.Ce qui peut figurer la tête des animaux n'a pas été rectifié .Par contre la partie travaillée l'a été avec une grande délicatesse probablement au bois de cerf., et abondamment. En résumé un travail particulièrement soigné et qui n'a rien de commun avec le style habituel des artefacts de la pointe aux oies.

 

Tête d’ours ou grattoir ?
Le contraste entre la zone taillée avec grand soin et le reste de la pierre laissé brut avec les bosses est étonnant. L’usage comme outil, toujours possible, pose questions : pourquoi un tel soin pour parvenir à un résultat où l’efficacité ne vaut pas celle d’un vulgaire éclat obtenu d’un seul coup. Peut être y a t –il une volonté délibérée de laisser intacte la silhouette d’animal que figure le silex.
En particulier l’arête dégagée ne comporte pas d’encoche comme les véritables outils

 

 

Contraste identique entre la partie délicatement taillée et le reste du silex fruste.

Cet artefact évoque un outil non terminé, c'est la première pensée qui vient à l'esprit , un beau début de biface. Mais le choix du silex dans ce cas est étonnant car les défauts ( rédhibitoires pour cet usage) sont bien visibles avant le début de la taille. Il peut s'agir d'un grattoir mais son épaisseur le rend peu commode et le tailleur n'a rien fait pour le rendre plus maniable, ce qui lui aurait été très facile, la qualité du travail en témoigne. Et il pèse 900g!.L'usage comme outil n'est donc pas le plus probable .Considérons l'hypothèse sculpture , la forme du galet évoque une tète de lion ce qui n'a pas pu échapper à l'homme qui l'a manipulé longuement en le taillant et sculptant du mème coup la crinière de l'animal . Constatez l'arrondi de l'arrière de la tète relié artistiquement a la crinière .Signalons la quasi symétrie des deux profils qui vient renforcer l' intérêt de l'hypothèse sculpture.(Pour ceux que cela peut étonner il faut préciser que le lion a été présent dans le nord de la FRANCE jusqu'en -13.000 et devait tenir une grande place dans les préoccupations des habitants donc cette hypothèse n'a rien d'incongrue,......de ce point de vue)

 

 

-.-.-.-.-DECOUPAGES AUTOUR D'UN TROU OU CREUX NATUREL-.-.-.-.-

 

ces pièces sont taillées grossièrement sur le même canevas .Le trou assez prononcé peut sembler un oeil .Une pointe naturelle plus ou moins aménagée, en tout cas conservée, peut figurer un museau, l'autre extrémité est nettement "tranchée" par de violents enlèvements .L'ensemble peut évoquer, avec un peu d'imagination, une tête d'animal.

  arrière sectionnée  

 

 

CI DESSUS ON PEUT IMAGINER UN LION ? l 'oeil est peu marqué par un creux .Le museau est légèrement rectifié par un enlèvement

 

ci-dessus c'est tout le problème de l'interprétation !!

 

 interprétation également délicate, Rhinocéros ou ruminant .Utilisation comme outil peu vraisemblable.

 

 


-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.DECOUPAGES PLUS ELABORES-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.


Dans ces pièces la part découpée devient prépondérante et c'est ce qui apporte la ressemblance. Le travail au démarrage ressemble fort à l'élaboration d'un biface . Le silex est d'abord aminci par de vigoureux enlèvements en conservant la forme générale puis il est découpé plus soigneusement.. On pourrait les interpréter comme grattoirs mais cette hypothèse est incompatible avec leur poids élevé du a leur épaisseur .Comme précédemment on peut imaginer des têtes d'animaux .Sur certaines pièces un trou naturel peut représenter l'oeil.

 

 

 

 

 

DECOUPAGE SUR UN ECLAT

17X13cm ,1,7kg , épaisseur 5 cm

Impossible de déterminer si l'éclat massif qui forme la pièce est naturel ou du à un travail humain .

Cet éclat initial a été découpé sur les 3/4 du pourtour par de violents coups de percuteurs .Cette pierre ressemble vaguement à l'outil appelé "LIMACE" ( forme ultime de certains grattoirs après de nombreux réaffutage ) mais ses dimension , surtout l'épaisseur , ne plaident pas pour cette interprétation .Cependant elle a nécessité 15 enlèvements violents et une vingtaine de coups plus précis pour son élaboration sans compter ceux qui ont disparu avec les éclats . Bref celui qui l'a travaillée avait une idée bien précise de ce qu'il voulait en tirer.

Photo de gauche : le petit creux circulaire (défaut du silex) qui pourrait figurer un oeil a été agrandi par un petit enlèvement .A l'extrême gauche un enlèvement causé par un choc venu de l'extérieur, par rapport aux autres, pourrait être fait pour représenter une oreille .Sous ce qui peut représenter la mâchoire , on peut distinguer un arrondi créé par un martelage du silex ou piquetage prudent pour ne pas risquer de fendre et déformer la pièce.

 

 

-.

-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.VENUS-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-


Certainement la pièce la plus intéressante de la collection en tout cas la plus CONVAINQUANTE
Nucléus taillé sur 50% . L'artiste a choisi au départ un rognon de silex qui se divisait en deux branches ou avec un évidement intéressant parce qu'impossible à réaliser dans cette qualité de pierre, ce qui a été le "déclencheur". Une fois repéré les deux jambes il ne lui restait plus qu'à amincir les hanches et les jambes par un "épluchage "du cortex. Pour les hanche pas de problème ,quelques retouches rasantes font l'affaire, pour les cuisses c'est une autre histoire, il s'agit de ne pas les casser à la jonction. La meilleure solution c'est d'étêter l'extrémité des deux branches en créant deux plans de frappe et de rogner sur l'épaisseur par enlèvements verticaux ce qui ne risque pas de casser la cuisse. Autre résultat la pièce tient en équilibre sur ces plans de frappe , indice à prendre en considération.

 

 

Une fois repéré les deux jambes il ne lui restait plus qu'à amincir les hanches et les jambes par un "épluchage "du cortex. Pour les hanche pas de problème ,quelques retouches rasantes font l'affaire, pour les cuisses c'est une autre histoire, il s'agit de ne pas les casser à la jonction. La meilleure solution c'est d'étêter l'extrémité des deux branches en créant deux plans de frappe et de rogner sur l'épaisseur par enlèvements verticaux ce qui supprime le risque . Autre avantage la pièce tient en équilibre sur ces plans de frappe , indice à prendre en considération.

 

Bases de la VENUS constituant les plans de frappes qui permettront d'enlever des éclats en longueur sur les cuisses sans risquer de casser les jambes . La patine est sautée à certains endroits


Certains objecteront que cette VÉNUS ne ressemble pas à toutes celles qu'on a pu trouver ailleurs,qu'elle respecte très peu la loi du losange et autres. Il faut bien réaliser que vraisemblablement elle est beaucoup plus ancienne et que de toute façon ,s'agissant d'une ébauche isolée , l'art n'a jamais été standardisé. On est loin de l'oeuvre pensée et planifiée en ivoire ou en argile et peut être copiée sur un héritage. Là c'est la spontanéité ,l'amusement gratuit apporté par la forme brute du nucléus qui provoque le geste du tailleur.
On peut également simplement objecter que c'est un vulgaire nucléus. La réponse évidente est oui ,comme n'importe quelle pierre taillée ,mais si notre ancêtre avait la simple intention de faire des éclats il aurait commencer à tailler la pierre par le haut pour avoir de belles lames, il avait donc une autre intention.


''toutes les explications classiques qu'on donnera du miracle seront plus miraculeuses que le miracle lui même"(A. DUMAS)

-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.TETE HUMAINE-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-

 

Nucleus trouvé au site de la Rochette à Wimereux ,site maintenant détruit par la mer, des enlèvements épars sont venus renforcer la ressemblance avec une tête humaine en particulier le menton ( ci dessous) retaillé par la technique du plan de frappe qui permet un travail bien dirigé(comme sur la VENUS , débitage lamellaire) ceci démontre une intention. Il est dommage que la pierre ait été roulée par la mer qui a altéré la patine du menton mais les traces de travail humain sont évidents , en particulier on peut remarquer la régularité des enlèvements.( comparer avec les plans de frappe de la venus plus haut)

 

 

Menton avec le plan de frappe au 1er plan a droite : outils trouvés sur le mème site de la rochette à WIMEREUX


 Pour la petite histoire j'avais posée cette pierre dans le gazon chez moi et c'est en voyant l'attitude circonspecte de mon chien qui tournait autour à bonne distance que j'ai réalisé qu'elle ressemblait à une tête humaine et que c'était peut être une sculpture. J'ai alors regardé mes trouvailles d'un autre oei

-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-NUCLEUS A LAMES-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.

 

sur cette pièce ce qui est étonnant c'est la différence très nette de traitement envers les deux faces.

 

 

A GAUCHE
La c'est un véritable travail de sculpture fait par un connaisseur bien au courant des réaction du silex aux differents chocs .Que des touches rasantes La taille de ce coté a débuté par un violent enlèvement suivi de deux autres aussi violents dont les négatifs des conchoïdes dessinent la mâchoire. La finition du museau est assurée par de nombreux enlèvements révélant un véritable martèlement comme des hachures et piquetage , travail de précision. .L'oeil en amande , vertical, est dessiné par plusieurs retouches et rappelle celui plus visible de O T 1 plus haut .Le déclencheur peut être l'aspect de départ, inconnu, renforcé par la couleur et l'aspect du cortex
patine bleuâtre epipaleolithique ?   (tête de lion?)

A DROITE

Travail très différent ,on a peine à imaginer que ce soit du meme artiste. Nucleus a larges lames. Magnifique travail classique de spécialiste pour enlever d'énormes lames très larges irrégulières peu habituelles ou simple volonté d'enlever de l"épaisseur et d'aplanir pour faciliter la découpe .Le plan de frappe n'a pas été préparé, l'artiste a frappé directement sur le cortex , guidé par son inspiration pour arrondir le haut et l'arrière de la tète.Une lame aété enlevée perpendiculairement dans le bas pour constituer un socle horizontal.
Le lion des cavernes s'est éteint vers -13000.On a retrouvé des canines dans une grotte de RINXENT à quelques kilomètres de WIMEREUX .Présent également en ANGLETERRE à cette époque( pin hole mammal assemblage zone) (NICK BARTON)

RONDES BOSSES


C'est un peu inexact de parler de rondes bosses a propos de ce qui va suivre. Il s'agit tout simplement de découpages plus ou moins naturels mais avec la dimension épaisseur plus accusée ce qui fait un pas de plus vers la vraie sculpture.

PROFIL GAUCHE

ARRIERE

Magnifique pièce taillée sur 5 faces. Le ressac l'a abîmée par endroits , ou la qualité du silex n'est pas bonne, à d'autres la patine est sautée .
l'autre face a été laissée brut
Cet artefact
pourrait être une enclume ou nucleus mort, c'est le seul outil qui puisse lui ressembler mais on s'explique mal l'intérêt d'un tel usage pour quel travail ? les enlèvements sont irréguliers et très grands particulièrement sur ces faces
Comme bison 1 elle a du être taillée avec un percuteur massif tenu a deux mains

DESSOUS

 

 

 

 

TABLEAU RECAPITULATIF

représentation

probable

 

AVEC OEIL NATUREL

AVEC OEIL

TRAVAILLE

TETE SECTIONNEE

A L'ARRIERE

OREILLE EN

EVIDENCE

 

POURCENTAGE DES

ENLEVEMENTS EN SURFACE

LION

17kg

 

 

OUI

OUI

75

 

OUI

 

OUI

OUI

85

 

 

 

OUI

OUI

50

 

OUI

 

OUI

 

40

 

11cm X 11cm

OUI

 

OUI

OUI

50

 

enorme chooping? 4,5kg

23X19 cm

 

 

OUI

OUI

 

20

         

70

 

OUI

 

OUI

 

50

 

OUI

 

OUI

 

30

 

 

 

 

 

 

20

BISON

34kg .43X 31cm

 

 

OUI

 

30

 

OUI

 

 

 

50

 

 

OUI

OUI

 

60

 

 

 

OUI

OUI

75

 

OUI

 

 

 

25

 

 

 

OUI

OUI

35

 

OUI

 

OUI

 

50

 

 

 

OUI

 

40

           

LOUP

OUI

 

OUI

OUI

30

 

QUELQUES FAUX NON TAILLES

CES PIERRES NE SONT PAS TAILLEES THIS IS NOT FLAKKED BY MAN

 


CONCLUSION TEMPORAIRE
Nous voici à la fin de cette étude. Ne sont présentées ici que les  pièces les plus convaincantes .Celles trop abîmées ou douteuses ont été écartées dans un souci de rigueur .Certes cet ensemble est insuffisant pour conclure définitivement à la possibilité de sculptures datant de l'Acheuléen mais
il est peut être suffisant pour se poser la question. Si ces photos ont pu étonner voire ébranler quelques professionnels et que cela les incite à aller jeter un oeil neuf sur les "cochonneries lithiques" entassées au fond des réserves des musées, ce site aura atteint son but. Mais si simplement cela en fait rêver quelques uns cela est suffisant. Faites le moi savoir .
Ce site va probablement évoluer avec des ajouts............revenez -y

Conclusion du DR PRADEL à propos de la "pierre figure" du mousterirn à bifaces de FONTMAURE :

""Il serait prématuré d'émettre actuellement des avis tranchés et définitifs sur les pierres figures:le doute s'impose. la question parait susceptible de s'éclairer lorsque les documents recueillis seront plus nombreux .Nous versons une pièce au dossier ""

 

BIBLIOGRAPHIE:

Sophie A .de BEAUNE: l'homme et l'outil cnrs edit.

DR J JELINEK : Encyclopédie illustrée de l'homme préhistorique

NICK BARTON : Ice age BRITAIN

Bulletin"les amis du musée préhistorique du Grand-pressigny n°32 -1971. ARTICLE DU dr PRADEL